‘Père’ : Les déchirements du couple, mis en scène par Desplechin à la Comédie-Française

Connu pour mettre en scène le déchirement familial au cinéma, Arnaud Desplechin choisit de présenter son œuvre baptisée ‘Père’ à la Comédie-Française.

Le public a constamment été tenu en haleine dans cette pièce tourmentée d’August Strindberg, mis en scène par Desplechin. L’œuvre de 2 heures met en œuvre le déchirement du couple personnifié par Anne Kessler et Michel Vuillermoz.

L’œuvre fait souvent penser à ‘Scène de la vie conjugale’ ou encore à ‘Cris et chuchotement’. Le scénariste a bien insisté sur le fait que dans un couple, la haine peut parfois ou même souvent côtoyer l’amour.

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Le ‘Père’, dans cette pièce, n’est autre que le Capitaine, considéré comme un homme d’honneur, libre penseur, enfantin, rigide et qui pense que sa seule fille doit être affranchie de l’influence bigote que les femmes de sa maisonnée exercent sur elle. Ainsi, il veut l’élever en ville. Mais sa femme, Laura, s’oppose ardemment à son idée. Elle est prête à tout faire pour garder et élever seule sa fille à sa manière.

Le scénariste explique que dans cette discorde se mélangent à la fois un machiste important et un féministe radical.

Dès le départ, on prend vite connaissance du terrible sort réservé aux femmes qui dépendent trop de leurs époux, ne bénéficiant d’aucun droit civique et soumises à une autorité parentale stricte, lorsque le Capitaine tente de marchander avec sa femme l’argent du ménage ainsi que son argent de poche.

La pièce, écrite en 1887, veut prôner la défense des droits des femmes et montrer le rejet irréfléchi de la vie maritale.

Ici, Laura, privée de tous ses droits, complote pour le déclin de son époux, suggérant de le mettre sous tutelle à cause de sa démence. Ainsi, elle compte obtenir sa liberté. D’ailleurs, elle lui avoue brutalement qu’elle a soif de pouvoir, car tel est le but de cette lutte acharnée. Haine et souffrance, mais passant par un semblant de réconciliation, c’est ce que le couple vit dans cette pièce.

Pour sa part, Desplechin a su bien valoriser la pièce en créant l’atmosphère qu’il lui fallait : tension permanente accentuée d’une musique légèrement en sourdine, acteurs très justes…

Outre le contexte de l’époque, la pièce évoque aussi l’identité de l’homme et de la femme ainsi que l’importance du pouvoir dans un couple.

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